Les hommes qui maltraitent physiquement leurs femmes sont presque systématiquement décrits comme des pervers narcissiques. Cette idée, souvent relayée par la fiction, s’est largement imposée ces dernières années.
Mais qu’en est-il vraiment ?
La question de la violence physique
Quand Paul-Claude RACAMIER, la référence en la matière, décrit le comportement des pervers narcissiques, il ne mentionne jamais la violence physique :
« Le terrain de prédilection, l’instrument majeur de la perversion narcissique, il est temps de le dire, c’est la parole ».
Paul-Claude RACAMIER, Les perversions narcissiques, Payot, 1992
Les pervers narcissiques jouent sur les mots et déforment les propos de ceux qui s’opposent.
Paul-Claude RACAMIER recense leurs procédés :
« Le secret et l’imposition du non-à-dire, l’intimidation 1, la surestimation – contagieuse – de soi par les coalisés, le mensonge proféré et le mensonge sécrété, la duperie, la dissimulation et le double jeu, l’abus de confiance, l’abus de pouvoir, et la disqualification d’autrui ».
On le sait, les pervers narcissiques sont des manipulateurs.
La question de l’isolement
Quand les pervers narcissiques s’en prennent à quelqu’un, ils cherchent à l’isoler c’est-à-dire à l’exclure du reste du groupe.
Ils ne cherchent pas à garder cette personne sous leur coupe, au contraire, ils cherchent à se valoriser en obtenant le soutien de leur entourage (qui fait front face à la victime).
« Enfin, comme toute coalition, mais avec une virulence particulière, le noyau exerce un effet d’aimant ; double effet : il attire et agrège ceux qu’il séduit, repousse et éjecte ceux qui résistent ».
Paul-Claude RACAMIER, Les perversions narcissiques, Payot, 1992
La victime, qui passe pour le « bourreau » aux yeux des autres, se retrouve seule contre tous.
La question du genre
L’idée que les pervers narcissiques sont majoritairement des hommes circule massivement. Or Paul-Claude RACAMIER est très clair sur le sujet 2 :
« Il ou elle, à coups de griffes et d’ongles, se défend de tout sentiment de deuil ou de dépression ? Il ou elle le fait payer cher par autrui ? N’empêche qu’au détour des chemins, la dépression, inévitablement, les guette… ».
Paul-Claude RACAMIER, Les perversions narcissiques, Payot, 1992
Dans le cadre de la perversion narcissique, les hommes peuvent être tout autant victimes que les femmes.
Une idée reçue lourde de conséquences
La perversion narcissique fait peur et ces préjugés aggravent le problème :
- Les victimes n’osent pas se libérer
- Les thérapeutes préfèrent s’orienter vers d’autres sujets
Face à ce constat, il est important de préciser que l’on peut se séparer sans crainte d’un conjoint pervers narcissique et qu’il y a même tout à gagner à se reconstruire !
C’est justement pour aider ces victimes que j’ai créé la formation « Hypnose et perversion narcissique« . Elle s’adresse aux hypnothérapeutes qui s’intéressent au sujet et qui souhaitent faire évoluer leur pratique.
- « La parade avantageuse que le pervers se donne prend fonction intimidatrice : comportement bien connu et bien décrit chez certains animaux, à grand renfort de plumes, crêtes et jabots destinés à éblouir, et non tant pour plaire que pour paralyser ». Les pervers narcissiques font étalage de leur supériorité supposée pour maintenir l’autre à distance. ↩︎
- Voir aussi l’article « La perversion narcissique : un sujet (trop ?) à la mode » ↩︎
Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales, appelez le 3919, ligne d’écoute gratuite et anonyme dédiée aux femmes victimes de violences.

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